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Nouvelles des Amis - Blog Fornax

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Fornax publishing: handmade books in letterpress, silk printing... Limited copies. Fornax éditeur: livres à tirage limité en typographie, sérigraphie. Outypopo.


Presses autographiques -1 - par cls le 04/05/2026 @ 19:17  Voir?

Presses autographiques
La presse Ragueneau

Ah ! vous êtes déjà là, lecteurs fidèles et bien-aimés (sauf toi, là, au fond, mais tu sais pourquoi…). Aujourd’hui, il va falloir s’accrocher. Je vais vous parler technique et je vais faire, par la même occasion, un peu d’histoire… Non, non, restez ! Je vous promets qu’il va y avoir des moments rigolos… Si, si, c’est vrai… enfin, je crois...

Comme le titre l’indique, je vais traiter des presses autographiques. « C’est quoi-t-est-ce, une presse autographique ? ». Je m’en vas vous le dire maintenant, tout de go. Commençons par éliminer les possibles erreurs d’interprétation. Une presse autographique n’est pas une presse qui sert à produire de faux (ou de vrais) autographes de célébrités. C’est une presse qui sert à reproduire les écritures manuscrites. Son principe est fondé sur celui de la lithographie, c’est-à-dire qu’il revient à ménager, sur une surface plane, des zones incompatibles entre elles : des zones qui aiment l’eau (hydrophiles) et des zones qui aiment la graisse (lipophiles). Comme l’eau n’aime pas la graisse et que la graisse n’aime pas l’eau, on peut imprimer dans ces conditions. On mouille la surface préparée : les zones lipophiles vont repousser l’eau ; on encre ensuite la surface préparée et mouillée à l’aide d’une encre grasse passée au rouleau : les zones mouillées vont repousser l’encre mais les zones lipophiles vont l’accepter. On encre ainsi sélectivement les zones que l’on veut encrer, et rien qu’elles. Ne reste plus ensuite qu’à placer une feuille de papier sur la surface encrée et à y transférer l’encre par légère pression. Et zou !

Une presse autographique va reproduire, dans ces conditions, tout texte ou dessin écrit ou dessiné à l’aide d’une encre contenant du gras, sur une feuille de papier spécial appelée papier report. Le papier report est plaqué contre la surface imprimante de la presse, dans le but d’y reporter le gras contenu dans l’encre qui a servi à écrire ou à dessiner. Le dessin ou le texte est donc transféré à l’envers sur la presse et, une fois encré, transféré à l’endroit sur le papier. Merveille ! On n’arrête pas les progrès de la technique.

Les premières presses à imprimer en autographie selon ce procédé ont été les presses lithographiques. Mais elles étaient entre les mains de professionnels patentés, donc hors de portée des amateurs qui auraient voulu réaliser eux-mêmes leurs autographies. La situation aurait pu durer ainsi ad vitam æternam mais un petit malin a eu l’idée de concevoir une petite presse facile à utiliser, à l’usage des amateurs qui voulaient imprimer chez eux, sans passer par un lithographe. Ce petit malin s’appelait Ragueneau. Son prénom ? Quelques hésitations à son sujet. Sur le brevet d’invention de la presse autographique, il est désigné comme Pierre, et sur les publicités dans les périodiques, il se prénomme Jules, sans doute à dessein. Si avec Pierre on pouvait bâtir une église, avec Jules on pouvait conquérir le monde, ce qui est nettement plus rentable, on va le voir.

Pierre Ragueneau naît le 12 avril 1811 à Étampes. Il y est libraire breveté le 11 octobre 1834. Il obtient par la suite, à Paris, un brevet d’imprimeur lithographe. Son brevet de libraire qu’il n’utilisait pas lui est supprimé en 1859.Ses compétences en lithographie (en imprimerie de manière plus générale) lui permettent d’imaginer deux presses dont il dépose et obtient le brevet d’invention. La première est une presse à copier portative (voir →ici au sujet des presses à copier)dont il dépose le brevet le 31 mars 1843 à 3 heures du soir. La deuxième est une presse autographique dont il dépose le brevet le 27 septembre 1845 ; le brevet lui sera accordé le 18 octobre de la même année.

Dès son premier brevet, Ragueneau met en fabrication et vend son invention. Il n’est plus, dès lors, qu’un marchand de presses pour amateurs. Il inonde tous les périodiques de publicités pour vanter la nouveauté et la praticité de son ou de ses inventions. Sa première publicité paraît le 8 mai 1843 dans le journal Le Commerce :

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Elle sera suivie de nombreuses autres dont voici quelques exemples :

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Le Charivari, 8 janvier 1847.

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La Démocratie pacifique, 23 mai 1847.

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La Presse, 16 décembre 1847.
Il n’est pas seul sur les rangs, mais sa vivacité commerciale va l’emporter.

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La Presse, 17 mars 1848.
Il présente ses deux inventions : la presse à copier, la presse autographique.

Le succès est au rendez-vous. Ses presses se vendent en nombre, mais tous les acheteurs ne sont pas d’innocents utilisateurs. En témoignent les Annales de l’Imprimerie :

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Les Annales de l’Imprimerie, 1er janvier 1851.

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Les Annales de l’Imprimerie, 1er janvier 1851.

L’Annuaire général du Commerce et de l’Industrie, plus tard surnommé Didot-Bottin ou Bottin tout court, passe le premier descriptif des caractéristiques de la presse Ragueneau :

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Annuaire général du Commerce et de l’Industrie, 1854.

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Annuaire général du Commerce et de l’Industrie, 1854.

Une facture manuscrite de Pierre-Jules Ragueneau pour l’achat d’une presse :

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Facture du 25 janvier 1855.

C’est dans le Courrier du dimanche que paraît la première publicité illustrée pour la presse Ragueneau :

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Courrier du dimanche, 15 août 1858.

Une variante de l’illustration :

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Courrier des Chemins de fer, 6 novembre 1858.

Les revues s’emparent du succès des presses Ragueneau pour en faire un peu de rédactionnel :

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La Science pittoresque, 2 mai 1862.

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La Science pittoresque, 2 mai 1862.

Les périodiques et les publicités passées, non plus que les quelques rédactionnels ne sont pas les seuls moyens pour faire parler de la presse Ragueneau. Des célébrités s’y mettent. Ainsi le célébrissime Nadar embarque une presse Ragueneau dans son ballon dirigeable Le Géant. De nombreux quotidiens s’en font l’écho. On en a choisi un plutôt exotique pour en témoigner :

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Le messager de Tahiti, 16 anvier 1864.

Et les Mémoires du Géant de Nadar confirment le fait :

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Nadar, Mémoires du Géant, 1864.

La presse se dote d’un nom, timidement au début, et de manière plus affirmée par la suite : l’Expéditif.

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Revue maritime et coloniale, 1er septembre 1865.

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Courrier de Narbonne, 3 janvier 1869.

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L’Électeur, 3 juin 1869.

Un autre ballon s’envole, le Pôle Nord, c’est l’occasion de se rappeler du Géant, et de la presse Ragueneau :

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Journal du Loiret, 30 juin 1869.

L’Expéditif expliqué sous toutes les coutures, et chiffré, dans le Didot-Bottin :

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Didot-Bottin, 1870.

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Didot-Bottin, 1870.

L’Expéditif fait même de la musique :

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La France Orphéonique, 25 juin 1870.

Coup de théâtre : la presse Ragueneau change de sexe !

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Didot-Bottin, 1871.

… Oui, mais non !

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Revue de France, 14 octobre 1871.

La presse Ragueneau est si célèbre qu’on lui dédie des poèmes. Et même des poèmes à contrainte :

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La Ligue des poëtes, 17 août 1872.

Mais, hélas, la célébrité de la presse Ragueneau n’apporte pas que du bonheur à ses utilisateurs :

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Journal des Vosges, 11 juin 1873.

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Journal des Vosges, 11 juin 1873.

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Journal des Vosges, 11 juin 1873.

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Journal des Vosges, 11 juin 1873.

Les publicités continuent, qui tentent de retirer le pain de la bouche aux imprimeurs :

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La France politique, scientifique et littéraire, 13 janvier 1874.

Arrive dans la vie de Pierre-Jules Ragueneau un associé Paul Abat avec qui il va collaborer jusqu’à la fin. Paul Abat perfectionne la presse Ragueneau mais ils vendent leurs presse chacun de leur côté. C’est au J. O. que paraît la première annonce de leur collaboration.

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Journal Officiel de la République française, 25 janvier 1874.

Même date que le J. O., mais aucune mention de Paul Abat.

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L’Éclipse, 25 janvier 1874.

Publicité commune de Ragueneau et de Paul Abat :

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L’Événement, 21 juin 1874.

Une publicité dans une revue sérieuse :

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Revue bibliographique de philologie et d’histoire, 1er décembre 1874.

La presse Ragueneau prend ses aises dans la presse quotidienne, hebdomadaire et mensuelle, elle s’envole dans les airs, c’est déjà bien… mais il y a mieux. Elle prend pied dans le roman populaire. Louis Noir, dans son roman Le Secret du trappeur fait intervenir un personnage, Arthur Boisgonthier, qui est représentant de la maison parisienne Ragueneau, et qui tente de vendre des presses sur son chemin.

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Louis Noir, Le Secret du trappeur, 1874.

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Louis Noir, Le Secret du trappeur, 1874.

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Louis Noir, Le Secret du trappeur, 1874.

Le même Louis Noir fera intervenir le même Arthur Boisgonthier dans deux autres de ses romans, interventions en tous points égales, à la virgule près, à la première apparition dans Le Secret du trappeur. Nous n’en donnons que les couvertures. Comme quoi Pierre-Jules Ragueneau devait bien payer les insertions romanesques pour ses presses.

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Louis Noir, L’Homme de bronze, Le Secret du dompteur, 1879, 1883.

La presse Ragueneau est encore à la fête dans une étonnante publication, L’Album lyrique illustré d’Étienne Ducret. Elle y est célébrée en chanson.

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Étienne Ducret, Album lyrique, 1875.

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Étienne Ducret, Album lyrique, 1875.

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Étienne Ducret, Album lyrique, 1875.

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Étienne Ducret, Album lyrique, 1875.

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Agrandissement du dessin des presses.

La consécration absolue de la presse Ragueneau arrive cette même année 1875. Elle fait son entrée dans le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, au tome 13.

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Larousse du XIXe siècle, tome 13, 1875.

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Larousse du XIXe siècle, tome 13, 1875.

La célébrité de la presse est devenue telle que Ragueneau peut se permettre des publicités pleine page dans le Didot-Bottin.

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Didot-Bottin, 1876.

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Didot-Bottin, 1876.

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Didot-Bottin, 1876.

Un rapport sur la plume électrique d’Edison la compare à la presse Ragueneau, bien que les deux systèmes n’aient rien à voir l’un avec l’autre.

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Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1er janvier 1878.

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Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1er janvier 1878.

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Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1er janvier 1878.

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Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1er janvier 1878.

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Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1er janvier 1878.

Le journaliste satiriste arabe James Sanua, exilé en France, se met en scène avec Ragueneau. Sanua se dessine en train d’imprimer son propre journal. Dans le commentaire qui se trouve en dessous, il est indiqué : « W-Allāh inna al-misyiū Raginū raǧūl shāṭir. Ikhtaraʿa lī maṭbaʿa al-tabʿ bihā bi-yaday bi-ghāyyat al-suhūla » [Mon Dieu, ce qu’il est malin ce Monsieur Ragueneau, il a créé pour moi une machine sur laquelle je peux imprimer de mes propres mains, c’est très facile !]. (Merci à Eliane Ursula Ettmüller pour son travail sur Sanua et sa traduction du texte arabe.)

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James Sanua imprime sur une presse Ragueneau.

Une belle publicité, avec portrait de la dame de fonte dans un guide des spectacles, tout un programme :

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Programme des spectacles et guide de Paris, 16 janvier 1881.

La célébrité de la presse et les ventes sont telles que Ragueneau demande des représentants pour toute la France.

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La Journée, 23 novembre 1885.

Les publicités se succèdent mentionnant soit Ragueneau, soit Paul Abat, soit les deux ensemble. Abat va prendre la succession de Ragueneau.

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La Nation, 3 août 1885.

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Le Moniteur universel, 21 octobre 1887.

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Le Forum, 22 janvier 1888.

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La Semaine religieuse de la ville et du diocèse de Nîmes, 25 novembre 1900.

La dernière apparition des presses Paul Abat et des presses Ragueneau comme entreprises séparées sur une même page du Didot-Bottin en 1908, et la dernière apparition des presses Ragueneau (Paul Abat successeur) en 1911.

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Didot-Bottin, 1908.

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Indicateur annuaire des commerçants et fabricants, 1911.

L’aventure des presses Ragueneau est terminée. Nul doute que la Première Guerre mondiale qui sévira à partir d’août 1914 aura mis fin à la fabrication de ces presses. Les seules mentions postérieures à la grande boucherie sera dans les petites annonces pour vendre des presses d’occasion.

Il nous a été impossible de trouver des photographies de presses autographiques Ragueneau sur des sites de ventes contemporains. Il faudra donc se contenter des dessins ici publiés. Toutefois des presses à copier Ragueneau ont été vendues dans un passé récent. On en donne le portrait en dédommagement.

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Presse à copier.

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Presse à copier.

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Étiquette de presse à copier.

P.-S. : Un grand merci à madame Gallica et à sa fille mademoiselle Retronews sans l'aide desquelles les recherches pour établir ce billet auraient pris des années.

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(04/05/2026 @ 19:17)

Brins de plume - par cls le 27/04/2026 @ 22:43  Voir?

Brins de plume,
une collection ; bibliographie

Constat. Les bipèdes proposent, et les circonstances disposent. J’avais prévu de vous concocter un beau billet rond et poli à la toile émeri grain 2000, un polissage suivi d’un encaustiquage à la cire d’abeille, mais basta, c’est raté. Notons au passage que les abeilles qui savent si bien fabriquer la cire d’abeille, et éventuellement le miel, ne sont pas fichues de fabriquer du papier. On les aime bien, les abeilles, généralement, presque tout le monde. Mais elles ne savent pas fabriquer du papier. Les guêpes, elles savent, elles ! Pourtant, les guêpes, on ne les aime pas beaucoup. C’est pour cela que je les aime, les guêpes. Parce qu’elles savent fabriquer du papier et qu’on ne les aime pas beaucoup. Et puis elles sont jolies, jaunes et noires, avec leur taille de guêpe et leurs petites antennes toutes rigolotes. C’est pas comme ces grosses bourdonasses d’abeilles avec leurs poils partout.

Donc, j’avais prévu de vous concocter un billet de derrière les fagots, imparable, inoxydable et ciré à la cire d’abeille mais à cause de ses qualités intrinsèques et extrinsèques, ça m’a pris plus de temps que je ne l’avais imaginé au départ… Les recherches… la rédaction… l’icono-machin-truc… enfin, trop long à expliquer. Ça sera pour la semaine prochaine… et la semaine d’après. Ouais, deux épisodes, un petit feuilleton, quoi. Dans le lurdoc, comme disent les louchébems.

En remplacement, je vous propose un petit billet vite fait sur le Fourneau, histoire de vous faire patienter. Attention !… Vite fait sur le Fourneau, ça ne veut pas dire mal fait ! Allez, on commence…

Tout le monde connait Maximilien Vox. Du moins tout le monde du livre. Du moins tout le monde qui s’intéresse à la typographie du livre. Du moins tout le monde qui s’intéresse aux caractères de typographie. Du moins tout le monde qui s’intéresse à la classification des caractères typographiques… Euh, finalement, ça ne fait pas si tant de monde que ça… finalement.

Grand-papa Maximilien, il a fait beaucoup de choses dans sa vie. Beaucoup. Si tant beaucoup que je ne vais pas tout dire. Ça serait trop long… et comme j’ai provisoirement laissé tomber le billet que j’avais prévu de faire aujourd’hui pour des raisons de trop-longueur, je ne vais pas m’y mettre avec celui-ci. Ça ne serait pas raisonnable. Donc, entre autres activités, grand-papa Maximilien a été éditeur et maquettiste de livres. Chouette, non ?

Parmi les livres qu’il a édité et maquetté, se trouve une petite collection de 20 ouvrages oblongs, en deux séries de 10, intitulée Brins de plume, au format approximatif 9 x 17,5 cm. Si pour les textes intérieurs, il est resté d’un classicisme imperturbable en utilisant du Garamond ou du Centaur, typographiés en noir sur du BFK Rives, en revanche il s’est un peu lâché avec les couvertures. Qu’on en juge :

Première série

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1. Honoré de Balzac, Les Caprices de Gina, 68 p., 1944.

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2. Prosper Mérimée, Il Viccolo du madama Lucrezia, 76 p., 1944.

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3. Stendhal, Vanina Vanini, 84 p., 1944.

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4. Napoléon Bonaparte, Lettres à Joséphine, 60 p., 1945.

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5. L’Évangile selon Saint Vincent de Paul, 60 p., 1945.

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6. Manon Balletti, Mon cher Casanova, lettres d’amour, 60 p., 1945.

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7. Edgar Poe, Le Corbeau, traduction de Charles Baudelaire, 60 p., 1945.

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8. Paul de Molènes, Réflexions sur l’Imitation de N. S. J. C., 60 p., 1945.

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9. Lettres de Henry IV à Corysande, 60 p., 1945.

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10. Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu, 72 p., 1945.

Deuxième série

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1. Carnets de Rivarol, 60 p., 1945.

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2. Paul le Silentiaire, Épigrammes amoureuses, traduites par Maurice Rat, 60 p., 1945.

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3. Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard chez Monsieur de Buffon, 84 p., 1945.

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4. Caprices poétiques du sieur de Saint-Amant, 60 p., 1945.

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5. Alexandre Dumas, Mon Grand Chien, extraits de Mes Mémoires, 56 p., 1945.

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6. L’Ane de Lucius, mis en français par Paul-Louis Courier, 60 p., 1945.

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7. Napoléon Bonaparte, Le Masque prophète, conte, 60 p., 1945.

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8. Clara Gazul, Une femme est le diable, 64 p., 1945.

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9. Jean de l’Escurel, Rondeaux, chansons et ballades, 56 p., 1945.

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10. Joubert, Pensées, 60 p., 1945.

Comme on peut le constater, si notre Maximilien innovait dans la présentation purement typographique des couvertures au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il ne cherchait en revanche pas à nous faire découvrir de nouveaux auteurs. Il faut dire qu’il travaillait là pour l’Union bibliophile de France et que, le plus souvent, les bibliophiles de ce genre de congrégations religieuses autour du livre ne brillent pas par l’esprit d’aventure.

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(27/04/2026 @ 22:43)

Le sexe des livres - par cls le 20/04/2026 @ 00:38  Voir?

Bibliophilie sulfureuse

Aujourd’hui, nous allons aborder un sujet important, un sujet critique, un sujet brûlant, un sujet qu’aucun bibliographe n’a osé aborder avant votre serviteur, sans doute par crainte du qu’en dira-t-on, ou des représailles possibles : le sexe des livres.

« Ça y est, il a dévissé du ciboulot… » diront d’aucuns, « Ouais, il fait dans le cul pour attraper de l’audience, ça ne m’étonne pas de lui ! » diront d’autres, forts de leurs convictions et de la justesse de leur raisonnement. Eh bien non, rien de tout cela. La question se pose vraiment, les livres ont-ils un sexe ? On ne parle pas ici des auteurs des livres qui ont probablement un sexe, je ne suis pas allé vérifier, mais des livres eux-mêmes… Grosse rigolade dans l’auditoire… Tout le monde sait — ou croit savoir — qu’un livre est du genre neutre. C’est un « ça », pas un « il » ou une « elle ». Oui, bon, c’est vrai dans la plupart des cas, mais il y a des exceptions. Et puis, un livre, ce n’est pas un « ça » comme tous les autres « ça » qui nous entourent au quotidien. C’est un « ça » qui a une âme, du moins un peu, obtenue par transmission d’une pensée venue de la cervelle de l’individu écriveur ; même qu’il se la pète, le « ça » livre auprès des autres « ça » qui ne sont pas livres. Il ne roule pas des mécaniques parce qu’il n’a pas de mécanique, mais s’il en avait, il en roulerait. C’est comme ça, avec les livres. On ne peut pas éviter. Ils traitent les autres d’un air hautain, en faisant « Peuh ! »… Oui, c’est vrai, ce n’est pas joli-joli de leur part, mais ils sont comme ça, les livres. Parce qu’ils croient que la pensée qui se trouve dans leurs pages leur appartient, qu’elle émane d’eux-mêmes. Les sots !

« Oui… mais le sexe, dans tout ça !… » s’exclament les plus impatients, la bave au coins des lèvres et les yeux hagards. On y vient… on y vient.

La plupart des livres sont des « ça », presque tous à la vérité. C’est vrai, mais il y a des exceptions. « Eh, ho, abrège, tu l’as déjà dit… la suite, SVP. »

J’ai dans ma bibliothèque deux livres qui ne sont pas des « ça » mais un « il » et une « elle ». J’en entends qui rigolent encore, alors, pour leur clouer le bec et arrêter leurs ricanements, je vous montre leurs couvertures :

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Et même la 4e de couverture qu’il-elle ont en commun.

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Comme son titre l’affirme presque, son architecture est celle d’une encyclopédie et comme son sous-titre le stipule, on a affaire là à un roman-lexique, c’est-à-dire à une fiction érudite et baroque. Pourquoi existe-t-il des exemplaires féminins et des exemplaires masculins de cet ouvrage ? Parce qu’il y a des différences de l’un à l’autre, bien sûr. Peu, mais il y en a. À vous de les chercher, si vous avez le bonheur, comme moi, de les trouver tous les deux. Je ne vais tout de même pas vous mâcher le travail.

Vous voulez plus de renseignements ? Voici, en partie, ce que le premier rabat de couverture nous révèle :

S’il se présente comme un lexique, Le Dictionnaire Khazar, est un livre d’aventures, un roman policier, un recueil de nouvelles, un ouvrage cabalistique, un récit fantastique.

Si vous avez en main un exemplaire masculin [féminin] du Dictionnaire Khazar, peut-être aurez-vous la chance de rencontrer la détentrice [le détenteur] d’un exemplaire féminin [masculin].

S’il s’adresse indifféremment aux bibliomanes, aux amateurs d’histoires de vampires, aux psychanalystes, aux joueurs, aux philosophes, aux historiens, aux collectionneurs de sulfures, aux philologues, aux rêveurs, Le Dictionnaire Khazar ravira surtout le lecteur heureux qui pourra le dévorer en utilisant l’œil droit comme fourchette, l’œil gauche comme couteau et en jetant les os par dessus son épaule…

Alors, chers lecteurs, heureux et rassasiés ?…

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(20/04/2026 @ 00:38)

Presses à copier - par cls le 13/04/2026 @ 18:52  Voir?

Les modèles de presses à copier

Allez, aujourd’hui, pour changer du sujet bibliophilique précédent et de celui, initiatique, qui l’a précédé, on va parler de presses. Pas de petites presses jouet, on a déjà abordé le sujet en plusieurs billets ; pas de petites presses pour les amateurs sujet abordé également et sur lequel on n’a rien à ajouter pour l’instant, on va parler de presses à copier.

Kézaco presse à copier ? La plupart des bipèdes contemporains les nomment autrement quand ils en connaissent l’existence et qu’ils les nomment. Elles sont baptisées le plus souvent presses de notaires ou presses de relieurs, voire, parfois mais plus rarement, machines à imprimer. Deux de ces appellations font état d’un usage détourné de leur usage initial, la troisième fait état d’une restriction drastique de la population potentielle des utilisateurs de ces presses dans leur utilisation première.

Ces presses ont, en gros, le plus souvent, la même forme et une taille semblable. Elles sont constituées de deux plateaux dont l’un est fixe, le plateau inférieur, et l’autre mobile, le plateau supérieur. Le mécanisme qui les rapproche ou les écarte peut revêtir plusieurs forme. C’est ce que l’on va voir bientôt. Et, lors de la présentation de l’une de ces formes, on va donner l’usage réel de ces presses. Pour ce qui est de leur taille, il suffit de savoir que la dimension des plateaux est celle d’un papier à lettres ordinaires.

Presses à balancier

C’est sous cette forme qu’elles apparaissent le plus souvent.

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Ce modèle de presse à balancier est le premier qui entra dans le parc de matériel de l’individu qui signe ces lignes. Avant même la naissance des Éditions du Fourneau qui précédèrent Fornax éditeur. Cette presse a servi, usage détourné, à imprimer de petites linogravures, offrant des résultats assez moyens dans l’ensemble, voir médiocres parfois, mais que ne tolère-t-on pas lorsqu’on est dans la joie ineffable de la découverte technologique.

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Un autre modèle de presse à balancier. La grande dimension de ses plateaux est plus importante que celle de la première presse mais son état général est assez pitoyable. Son plateau inférieur est grêlé comme le visage d’un syphilitique et l’état de surface de la face inférieure du plateau supérieur (!) est semblablement vérolé, ce qui en fait une utilisation future — après dérouillage et restauration — particulièrement improbable. Mais sait-on jamais…

Presses à volant

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C’est avec un modèle de ce type de presses que l’on va expliquer l’usage premier et le fonctionnement d’une presse à copier. Comme son nom l’indique avec une clarté éblouissante, les presses à copier servent… à copier. Mais quoi ? et combien de fois ? Allez, — effet de ma grande bonté, même si vous ne la méritez pas toujours — je m’en vas vous révéler dans les détails tous les dessous de cette petite affaire. Non, non, ne me remerciez pas, c’est encore trop tôt.

Il fut un temps, bien lointain, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, comme le dit la chanson, un temps où les ordurateurs n’existaient pas, pas plus que les imprimantes qui leur sont liées par le cordon ombilical. Un temps où l’on tapait à la machine sa correspondance ou bien — horreur absolue ! — où on l’écrivait à la main à l’aide d’encre et d’un porte-plume muni d’une plume métallique, ou d’un stylo à plume. Que l’on se rassure toutefois, le temps où l’on écrivait avec une plume d’oie taillée et trempée dans l’encre est un temps antérieur au temps dont au sujet duquel que je vous cause maintenant.

Donc, on écrivait sa correspondance, ou tout autre document, sur du papier et l’on voulait, ou bien on avait le devoir d’un conserver une copie exacte par devers soi. Comment réaliser ce prodige alors que la photocopie n’était pas inventée ? Eh bien, à l’aide d’un cahier de copie de lettres et d’une presse à copier. Explication :

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Un cahier de copie de lettres est un fort cahier à couverture cartonnée dont les feuillets sont constitués de papier très fin, dans les 30 grammes au mètre carré, lisse et translucide. Celui qu’on voit sur la photo est au format 21 x 27 cm, le plus petit des deux formats de papier à lettres français (l’autre étant le 21 x 31 cm), avant que l’unification européenne n’impose les 21 x 29,7 cm du format A4 allemand. C’est dans ce cahier qu’étaient conservées les copies des lettres et autres documents produits à la main ou à la machine à écrire avant que les originaux ne soient confiés à leurs destinataires.

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Le cahier ouvert montre les feuillets minces et vierges. Le document à copier tout juste terminé, alors que son encre était encore fraîche, était inséré sous un feuillet vierge et un peu humecté du cahier, et le cahier refermé était inséré entre les plateaux de la presse.

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Le cahier était comprimé dans la presse pendant quelques secondes, le temps que le feuillet vierge du cahier prenne une petite partie de l’encre du document original.

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La copie ainsi réalisée pouvait être lue par transparence grâce à la minceur du papier de copie, ou alors elle pouvait être lue en la plaçant devant un miroir (mais c’était moins pratique).

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Une autre presse à copier à volant.

presses à vis à 4 poignées

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La vis qui permet d’actionner la montée ou la descente du plateau supérieur est actionnée par un ensemble de quatre poignées situées sous l’arceau qui bride les mouvements du plateau supérieur en l’empêchant de tourner sur lui même. Ce type de presse à vis offre un aspect plus ramassé que les autres types de presses munies d’une vis.

presses à levier

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Cette presse à levier terminé par un manche de bois est munie d’une crémaillère et non d’une vis pour descendre le plateau supérieur. Le maintien de la pression est obtenu grâce à un engrenage bloqué par un cliquet. On met fin à la pression en abaissant le cliquet, ce qui permet de relever le levier.

Presses à plateaux ressorts

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Ces presses d’une structure très simple sont constituées de deux plateaux incurvés et élastiques que l’on peut resserrer grâce à un fermoir qui les force à comprimer le cahier.

À l’exception de ce dernier type de presse, les presses à copier peuvent être détournées de leur usage premier. Certains relieurs débutants (mâles ou femelles), ou certains relieurs amateurs, se munissent de ce type de machine pour leurs opérations de mise sous presse, en attendant d’être assez fortunés pour acquérir une vraie presse à percussion. On peut également les utiliser pour imprimer de petits bois gravés ou de petites linogravures, le format étant limité, on vient de le voir, à celui du papier à lettres. On peut aussi tenter de les utiliser comme presse à découper en se servant d’emporte-pièces. Il faudra, dans ce cas, les fixer solidement à un support inamovible car la pression à exercer pour procéder à une découpe est supérieure à celle nécessaire pour une copie ou pour une impression.

À ne pas confondre avec une presse à copier :

La presse à découper des échantillons de tissu

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Elle a extérieurement le même aspect, ou du moins un aspect très semblable, aux presses à copier à vis mais l’on voit la différence lorsqu’on y regarde de plus près. Elle n’a pas deux plateaux mais un seul, le plateau supérieur étant remplacé par une lame coupante en zigzag encadrée de deux ressorts qui maintiennent le tissu en place pendant la coupe. C’est une sorte de petit massicot à main qui permet d’obtenir des échantillons de tissus qui ne s’effilochent pas.

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La lame en zigzag, devant elle, le ressort de devant. Un ressort semblable se trouve derrière elle.

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N’ayant pas de beau tissu à gâcher, on s’est servi pour cette démonstration de quelques feuilles d’un vieil annuaire téléphonique.

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La découpe est effectuée. Fornax réalisera peut-être un jour un petit ouvrage aux côtés zigzaguant en utilisant cette machine… qui sait !

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(13/04/2026 @ 18:52)

Florentin Mouret et les livres - par cls le 06/04/2026 @ 18:17  Voir?

Pour FM et ses amis,
une collection ; bibliographie

Je n’ai pas connu Florentin Mouret. Je n’ai donc jamais eu le privilège de faire partie de ses amis. Pourtant, ma bibliothèque laisse à penser que j’en fus.

Le bipède, Français très moyen comme moi, ou de toute autre nature, qui a l’heur de fréquenter cette page, se demande illico à la lecture de ces quelques mots d’introduction : « Mais qui est ou qui était donc Florentin Mouret ? » Interrogation justifiée…

Il naquit à Avignon en 1894. Il fut secrétaire puis président du Syndicat des entrepreneurs du Vaucluse, adjoint au maire à Avignon, président du Tribunal de commerce d’Avignon, trésorier de la Fédération nationale des travaux publics. Dans sa jeunesse, il conduisait mal : il provoqua un accident en 1926 avec le pauvre vétérinaire de Saint-Germain-du-Bois Henri Blanchot dont il détruisit la voiture alors que la sienne n’avait rien ou presque. Il fut condamné, en novembre 1932, par le tribunal correctionnel de Nîmes, à 50 F d’amende pour blessures involontaires. En janvier 1939, il a été fait, comme il se doit, chevalier de la Légion d’honneur pour service rendu au Bâtiment. Il assista, en avril 1943, à une réunion d’une autre légion, la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchévisme) à la Bourse du travail du Vaucluse sous l’égide du maréchal Pétain dont la photo trônait dans la salle. En 1951, il fit un don de 1000 F (approximativement 666 € de maintenant !) à l’Association internationale des amis de Pierre Loti dont il était membre. En 1968, il a offert un terrain, des bâtiments — et son nom — pour qu'on construise un CFA (Centre de formation d’apprentis) du Bâtiment à Avignon. On ne sait quand il est mort. Merci à Gallica pour ces précieux renseignements.

Autant dire que, si nous avions été de purs contemporains, nos chemins ne se seraient sans aucun doute jamais croisés, en raison d’un manque total d’affinité entre nous. Quoique… Il fut aussi quelque peu bibliophile et, avec l’argent gagné à la sueur du front de ses employés du bâtiment, il finança une petite collection de livres à tirage limité d’auteurs assez réputés du 20e siècle. Une collection intitulée : Pour FM et ses amis. J’ai acquis un exemplaire de cette collection voici un certain nombre d’années, en raison de la belle réalisation typographiques de ses volumes et du nom de la plupart de ses auteurs.

Florentin Mouret fut le bibliographe de Claude Aveline, et aussi son éditeur pour une collection de plaquettes tirée à une centaine d’exemplaires hors commerce à lui seul consacrée qui comprit 14 volumes, collection complétée d’une plaquette en duplicateur à stencil. Claude Aveline inaugure la collection Pour FM et ses amis, constituée elle aussi de 14 volumes dont la publication s’étale sur 12 ans, de 1950 à 1961. Chaque volume, au format 17 x 13 cm est mis sous presse chez l’imprimeur avignonnais Rullière, à 150 exemplaires sur vélin d’Annonay. Si les textes des différents volumes sont typographiés de manière classique dans une Garalde qui varie de corps et de dessin d’un volume à l’autre, chacune des couvertures est calligraphiée de la main de l’auteur qu’elle renferme.

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1. Claude Aveline, Extrait du Livre de Vie, 54 p., 31 décembre 1949.

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2. Jean Cassou, La folie d’Amadis et autres poèmes, 62 p., 1er novembre 1950.

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3. Francis Carco, Rêverie dans Amsterdam, 46 p., 21 mars 1951.

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4. Léon-Paul Fargue, Textes, présentés par Marcel Abraham, 64 p., 23 septembre 1951.

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5. Louis-Martin Chauffier, L’écrivain et la liberté, 64 p., 1er novembre 1951.

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6. Georges Duhamel, Dialogue dans la ville délivrée, 42 p., 29 février 1952.

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7. Louis Guilloux, Le muet mélodieux, 64 p., 31 décembre 1952.

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8. Anatole France, Ma Suzon chérie, avec des souvenirs de Lucien Psichari, 72 p., 20 mars 1953.

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9. Pierre Albert-Birot, Dix poèmes à la mer, 48 p., 21 mars 1954.

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10. Charles Vildrac, Jérôme le voyageur, 36 p., 10 mai 1956.

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11. Pierre Boulle, Un étrange événement, 50 p., 9 juin 1957.

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12. Paul Gilson, Les voix en peine, 42 p., 15 août 1957.

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13. José Bergamin, Aphorismes traduits de l’espagnol par Claude Aveline et l’auteur,
avec une présentation de celui-ci par celui-là, 44 p., 23 septembre 1959.

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14. Jean Lescure, Noires compagnes de mes murs,
avec huit dessins de Chastel, Coulot, Fiorini, Gischia, Lapicque, Prassinos, Ubac, Villeri,
62 p., 21 juin 1961.

On notera le clin d'œil de chaque achevé d'imprimer, daté soit d'une fête catholique majeure, soit d'un équinoxe, soit d'un solstice, soit du dernier jour de l'année, sans oublier un 29 février...

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(06/04/2026 @ 18:17)

Dernière mise à jour : 09/05/2026 @ 21:15